Rapport de mer
Z63 « Thalassa » - OPCK

Nous sommes partis de Port en Bessin le 22 octobre 2008, destination zone
815. Nous y sommes arrivés à 20h15. Nous
avons donc pêchés la coquille Saint Jacques tranquillement jusqu'au 23/10/08.
Bonne lecture!!!!!
A 10h45 en position 49.38N-000.35W, aux environs des 15 miles nautiques nord de
la côte du Calvados, la personne de garde m'a appelé pour me dire qu'il avait
juste entendu par la radio des pêcheurs français qui commençaient a parler ‘du
bateau belge'. Il a entendu qu'ils s'échangeaient des numéros de téléphone mais
malheureusement n'avait pas compris toutes les conversations. Arrivé sur le
pont du navire, je fus appelé à la radio (VHF) par le patron du bateau français
« Le Défi » qui nous signifiait de dégager immédiatement et que nous
n'avions rien à chercher là bas. Ce furent
ses propres termes. Je lui ai répondu gentiment que j'avais tous les droits de
pêcher dans cette zone et pour la petite histoire depuis notre arrivée en
territoire français en 2007, nous nous sommes rangés à la même réglementation que les pêcheurs français.
A 11h15 nous avons viré les dragues. Au moment où nous étions en train
de trier la pêche, nous avons aperçu l'hélicoptère de la marine française survoler
le navire. A ce même moment 5 bateaux de pêche français se dirigeaient vers
nous. Pour la sécurité du navire et de mon équipage, j'ai directement commencé
à virer les dragues. Au moment de vider les dragues, les agresseurs du bateau
« Le Millésime » jetaient des pierres et des anneaux de fer vers mon
équipage dans le but de les blesser.
Mes hommes ont pu heureusement se réfugier à l'intérieur sans être blessés.
Par après ils ont visé les vitres de la cabine de pilotage et une de celle-ci
a été brisée. Après de brusques manœuvres pour éviter plus de dégâts, j'ai eu
un contact téléphonique d'un collègue français qui m'a dit que le bateau de la
gendarmerie française « Géranium » se trouvait à 4 miles sud-est de
nous. Nous avons essayé de les appeler à l'aide via le VHF sans y arriver car
les bateaux qui nous entouraient brouillaient les transmissions. J'ai donc
essayé coûte que coûte de me rapprocher du navire de la gendarmerie tout cela en étant toujours bombardé mais d'autres
navires se dirigeaient vers moi afin de m'empêcher de rejoindre la gendarmerie
maritime. Quand nous sommes arrivés à proximité du « Géranium », ils
ont arrêté le lancement de projectiles. Les pêcheurs français ont exigé que la
gendarmerie procède à un contrôle approfondit du bateau et de la cargaison et
de nous sommer de partir. Nous avons donc mis notre bateau à l'arrêt.
Pendant que les gendarmes étaient en train de contrôler, le bateau de pêche
« Phil d'Aure » a voulu nous éperonner. Moi, j'étais à ce moment dans
la cale avec un des gendarmes, l'autre était sur le pont et avait été témoin de
toute la scène. Il a donné l'ordre à mon équipage de mettre le moteur en grande
vitesse vers l'avant afin d'échapper à un éventuel éperonnage.
Après plusieurs tentatives d'éperonnages, la gendarmerie a quitté le bateau
pour essayer de calmer les esprits. Entre temps nous étions encore poursuivis.
Les gendarmes sont revenus en me
prévenant que le patron du « Phil d'Aure » voulait me parler via la
radio VHF68. Une conversation sans insultes était impossible.
Par la suite nous avons été de plus en plus entourés par les pêcheurs
français.
Nous avons essayé en vain de nous rapprocher du bateau
« Géranium »
Sans réussir.. Les gendarmes ont suivi la scène à distance. Pendant que
nous étions à l'arrêt, le « Phil d'Aure » a mis ses moteurs pleins
gaz avec l'intention à nouveau de nous couler.
Heureusement les autres pêcheurs l'ont ramené à la raison pour éviter un scénario
catastrophe avec des blessés et des morts. Après des insultes de morts à notre
égard et des menaces de casser le bateau, les pêcheurs français sont partis un à un.
Ceux-ci étant partis, la gendarmerie française est revenue et nous a proposé
de nous escorter jusque Cherbourg. A 15h15 nous nous sommes mis en route vers
Cherbourg.
Durant la traversée, on entendait une vibration à l'arrière du bateau.
A 23h10 nous appareillions en
sécurité dans le port de Cherbourg.
Ackx Jan
27 rue de la mairie
14330 Sainte Marguerite d'Elle
France
Tout d'abord nous voudrions remercier Mme Beatrice Harmel du comité régional des pêches de Cherbourg de nous avoir assisté dans les moments difficiles à l'arrivée du bateau à Cherbourg ainsi que les gendarmes qui étaient à bord d'avoir évité la catastrophe.
Nous sommes peut être des pêcheurs étrangers qui sommes venus s'installer en Normandie toute l'année non pas pour voler le pain des Français mais bien pour vivre en parfaite harmonie avec eux. Avant notre déménagement nous nous sommes rendus à Cherbourg au comité régional des pêches afin de nous ranger à la même réglementation que les Français (horaires et quota). Dés que la campagne de coquilles Saint Jacques en 2007 a débuté , notre bateau était équipé de la même façon que les bateaux français.
La campagne 2007 s'est déroulée sans soucis et nous étions basés à Grandcamp Maissy.
Suite aux travaux sur le port de Grandcamp, nous avons dû appareiller à Port en Bessin ce qui ne nous a posé aucun problème.
De par ce fait, nous ne comprenons pas pourquoi nous avons été agressés avec autant de violences alors que ce n'est un secret pour personne, en tant que pêcheur belge nous avons le droit historique de pêcher jusqu'a 6 miles de la côte et toute l'année, ce que nous n'avons jamais fait sauf pendant l'ouverture de la Baie de Seine.
Nous avons préféré nous ranger du côté français afin d'éviter des ennuis.
Maintenant qui va payer les dégats ??????
de toute façon nous n'avons certainement pas l'intention de nous laisser intimider par une bande de cowboys.
Affaire à suivre...........
Normandie
samedi 25 octobre 2008
« Ils voulaient couler mon
bateau »
Pêcheur belge installé en France
depuis deux ans, Jan Ackx a subi un coup de colère des Normands. Il témoigne.
Jan Ackx, est
encore tout retourné de sa mésaventure. Si personne n'a été blessé, jeudi midi
au large de Port-en-Bessin, le patron du chalutier belge n'est pas loin de
parler d'acte de piraterie. « J'avais laissé l'un des matelots sur le
bateau, jeudi matin. Il ne comprend pas bien le français, mais sur la VHF, il a
entendu que les autres bateaux parlaient de nous. Et il m'a prévenu... On a
commencé à draguer la coquille. »
Vers midi, « on a vu
arriver trois bateaux, puis cinq. Ils ont commencé à nous envoyer des cailloux,
des morceaux de fer. On a eu peur, l'équipage s'est réfugié dans la cale ;
moi j'essayais de manoeuvrer pour me dégager. Ils gueulaient : « En
tout cas, toi, tu pêcheras plus jamais en France ! » » Et
puis d'autres sont arrivés. « En tout, peut-être une
quarantaine. Certains voulaient couler mon bateau. »
Jan ne comprend pas cette flambée
de violence. D'autant qu'il n'a rien à se reprocher. « Ça fait deux ans
que je suis installé dans le Calvados. Le bateau est basé à Grandcamp. J'ai
toutes les autorisations pour pêcher ici. J'ai accès toute l'année à la
coquille jusqu'à six milles des côtes. Mais pour ne pas embêter les pêcheurs
locaux, je préfère aller en mer du Nord. »
« Un pêcheur européen »
Un patrouilleur de la gendarmerie
maritime était sur zone pendant les incidents. « Les gendarmes sont
venus à bord, et ils ont contrôlé le matériel et la pêche. Pendant ce temps,
les autres continuaient. Les gendarmes avaient bientôt plus peur que nous.
Finalement, les pêcheurs - il y en avait de Barfleur et de Port en Bessin - ont
lâché prise. Et nous avons suivi les gendarmes jusqu'à Cherbourg. »
Fin de l'histoire ? Pas sûr.
S'il n'y a pas eu de blessés et des dégâts limités sur son bateau, Jan ne veut
pas en rester là. « Je n'ai pas l'intention de me laisser marcher sur
les pieds. Je suis dans mon droit et je respecte celui des autres. Je ne me
contenterai pas d'excuses. Je ne suis pas un pêcheur étranger, je suis un
pêcheur européen ! »
Thierry DUBILLOT.
Aujourd'hui lundi 27/10 j'ai rencontré les responsables du Comité des Pêches de Cherbourg qui m'ont affirmé leur soutien ainsi que leur indignation face à cet acte de piraterie. A ma demande ils m'ont envoyé un plongeur qui a pu contrôler le lit du bateau et enlever les bouts de filets qui étaient accrochés à l'hélice.
J'ai par ailleurs remis mon rapport de mer aux affaires maritimes de Cherbourg qui m'ont par la même occasion déclaré que de tels incidents ne se reproduiraient plus et que justice serait faite.
Par la suite, j'ai dû me rendre à la gendarmerie maritime afin de compléter ma première déclaration.
Mon impression et mes sentiments sont qu'ils veulent aller jusqu'au bout.
Jusqu'à ce jour, mon équipage se trouve toujours en Belgique et ils nous est impossible de dire quand nous reprendrons la mer.
Je salue les pêcheurs français (normands), belges, hollandais qui font un métier dur et pas toujours respecté.
De même je salue les femmes de pêcheurs dont je fais partie, qui ont un rôle indispensable dans l'entreprise et qui sont si courageuses. Je ne souhaite à personne de vivre ce que nous avons vécu.
Le malaise dans la pêche à la coquille saint jacques est bien réel mais le délit de piraterie dont mon époux et son équipage furent victimes n'est pas justifiable.
Le travail mit en place par les autorités françaises pour protéger le gisement de la coquille est exemplaire. C'est bien pour cette raison que mon mari s'est rangé à la réglementation française.
Les malfrats qui se sont attaqués au bateau doivent être punis et cela seule la justice en décidera.
La Commission Européenne doit absolument revoir sa copie en ce qui concerne le droit historique des pêcheurs étrangers en Manche Est.
Nous ne mettons pas tout les pêcheurs normands dans le même sac, ce serait trop facile, mais le comportement de ces irresponsables met en danger les pourpalers à la Commission Européenne pour protéger le gisement. Et cela est bien dommage.
DE NOUVELLES PHOTOS SONT PLACEES DANS "THALASSA"
La réunion de réconciliation qui s'est tenue ce vendredi 31/10/2008 à 15h à Bayeux s'est déroulée sans échauffourées.
Y était présents les représentants des différents ports (Grandcamp-port en bessin-St vaas-ouistreham), CLPM de Basse-Normandie, OPEN, Commission régionale Coquilles saint Jacques élargie aux pêcheurs volontiers, DDAM Manche, DRAM Basse-Normandie.
Dans l'ensemble ce fut une réunion positive et constructive. A part certaines personnes présentes, dont une qui avait participé à l'attaque en mer et par voie d'intimidation nous a demandé d'enlever la plainte que nous avons déposée à la gendarmerie maritime de Cherbourg, sinon nous n'aurions plus le droit d'appareiller dans les ports Bas-Normands.
SACHEZ QUE RIEN NI PERSONNE NE NOUS FERA ENLEVER CETTE PLAINTE.
Le Thalassa reprendra la mer la semaine prochaine et Port en Bessin restera son port d'attache.
L'affaire suivra son cours devant les tribunaux et nous espérons que les personnes concernées seront sévèrement punies.
Demain nous rencontrons notre avocat qui nous fera part de la marche à suivre. Espérons que les agresseurs auront été interrogé par les autorités car cela n'avait pas encore été fait la semaine dernière.
Nous voudrions remercier toutes les personnes qui nous ont envoyé des messages de soutien et vous assurer que nous ne lâcherons pas le morceau, quite à faire appel au Président de la République Française.
Jan reprend la mer demain soir et sera à Port en Bessin vendredi matin.
Merci à vous tous
Ackx Jan & Andrea
Bonjour Monsieur Claude
Il y a de cela 2 jours vous m'avez à nouveau envoyé un mail mettant en doute la longueur du bateau.
Je vous invite si cela vous intéresse à aller le mesurer. De plus vous commencez sérieusement à me pomper l'air avec vos commentaires déplacés. Il me semble que vous ne devez pas être souvent en mer au vu de votre acharnement sur mon site. A mon humble avis vous n'avez sûrement rien d'autres à faire. Par contre pour ma part ce sera ma dernière intervention car j'ai bien d'autres choses à faire.
Au vu du manque d'informations en ce qui concerne les réglements maritimes, je suppose certainement que vous ne pouvez pas vous vanter d'être un descendant des gens de la mer tout comme mon mari qui sont depuis plus de 10 générations patrons pêcheurs et tous morts en mer et que la relève est aussi assurée. Comme on dit chez nous on prend à la mer et elle nous reprend aussi nos êtres chers. Jan a perdu son papa et son jeune frère à l'âge de 18 ans et malgré ce grand malheur il a d'abord fait des études d'ingénieur civil mais l'appel du large à été le plus fort, il aurait mieux valu qu'il se retrouve assis bien au chaud derrière un bureau. Comme beaucoup de pêcheurs le savent, on a cela dans le sang ou pas. Tout cela pour vous dire que vous n'avez pas à faire à un imbécile et que nous avons énormément de respect pour les gens de la mer et non pour une personne de votre envergure. Je vous salue bien cher monsieur et vous souhaite une bonne continuation derrrière votre PC.
Ps: de nouveaux articles ont été placés dans "Revue de presse", ainsi qu'une vidéo diffusé sur le journal télévisé national belge
Dernière mise à jour: 17-11-2008 09:20
|